Les indispensables de la stratégie de campagne présidentielle

Avant de nous atteler aux stratégies digitales des différents candidats de la présidentielle 2017 ainsi qu’à leurs bilans concernant leurs stratégie de campagne numérique, voici un rappel concernant la mise en place d’une stratégie de campagne présidentielle.

Analyse du terrain et détermination du positionnement

stratégie de campagne candidats

Dans le cadre d’une stratégie de campagne présidentielle, l’analyse du terrain est la première étape à franchir pour un candidat. Cette démarche consiste à effectuer une recherche des aspirations du peuple, du positionnement initial de l’homme politique, de l’élaboration d’un programme ainsi que l’étude des propositions des concurrents.

Au préalable, les équipes procèdent à une analyse systématique par le biais d’enquêtes d’opinion fournis par les instituts de sondages. En effet, il leur est essentiel de bien identifier les destinataires et réfractaires de la future campagne de communication.

La Stratégie de campagne présidentielle respecte deux lignes directrices dans le choix du positionnement :

– La simplification, par une limitation du nombre de thèmes de campagne

– Le choix d’un ton de communication

Ce positionnement est adapté, au fur et à mesure de la campagne, en fonction des retombées obtenues au cours d’opérations de communication. Grâce à l’apparition de nouveaux instruments de mesure de l’opinion, les études prennent davantage en compte les utilisateurs du web.

En effet, des outils numériques tels que Filteris ou Visibrain, ont pris une place important lors de cette campagne, et se sont avérés très efficaces voire incontournables.

L’objectif de campagne présidentielle

Concernant la détermination de l’objectif de la Stratégie de campagne présidentielle, deux directions peuvent être empruntées :

La campagne de notoriété va être employée par les candidats ayant peu de chance d’être élus.

objectif digitaux des candidatsCes derniers sont animés d’une volonté d’influence ou aspirent à exprimer un message en opposition à d’autres candidats plus influents.

Concernant les candidats ayant plus de chance d’accéder au pouvoir, l’exercice, conditionné par les sondages, consistera à déterminer l’objectif de campagne et leur positionnement. Notre étude concernera essentiellement les quatre favoris à cette élection incarnant des positionnements bien distincts : François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon.

Les catégories d’électeurs

différents types d'électeurs

En matière de communication politique, il est difficile de s’adresser avec fiabilité à une audience très large. C’est pourquoi, il est indispensable de déterminer des « segments-cibles ».

Quel que soit le type de segmentation, chaque cible, bénéficiera de la caractéristique la plus précise possible. Cette analyse s’effectuera en fonction de critères déterminés par les enquêtes d’opinion préalables.

Il existe deux types de communication différents destinés à deux catégories de cibles.

Une communication dite de « maintien », concernant principalement les sympathisants « indécis » et une communication dite « de conquête » visant à convaincre de nouveaux électeurs, enclins à voter pour le candidat.

Très souvent, les équipes de campagne privilégient de cibler les « indécis » ou les abstentionnistes lors de leur stratégie de campagne présidentielle. En effet, il est beaucoup plus avantageux de tenter de convaincre les électeurs non-encartés qui, souvent, influent sur le résultat final. Cette tâche parfois difficile, consiste à sensibiliser et motiver une certaine catégorie de la population qui s’est désintéressée, parfois depuis longtemps, de la politique.

Dans toutes les hypothèses, on retiendra que le politique devra éviter de se limiter à une ou plusieurs catégories précises de cibles sans délaisser le reste de l’électorat potentiel.

En effet, ignorer une partie de la population revient à prendre le pari qu’elle se sente abandonnée et perdre un potentiel de voix. C’est le problème classique des campagnes flirtant « à Droite » par les « hommes politiques de Gauche » ou penchant « à Gauche » par les « hommes politiques de Droite ». Comme le démontre une étude de Reputation Squad, l’éviction imprévue des deux grands favoris des primaires de Gauche « La Belle Alliance Populaire », Manuel Valls, et des primaires de la Droite et du Centre « Les Républicains », Alain Juppé, au profit de Benoit Hamon et de François Fillon et qui ont gardé leur cap initial et leur positionnement thématique.